L'Imâm Al-Bukhârî: La Citadelle du Hadîth

Publié le par aema


                  Muhammad ibn Ismâil ibn Al-Moughîran Al-Bukhâri est né le vendredi 13 de shawwàl 194, ce qui équivaut au 21 juillet 810 de l'ère chrétienne à Bukhârà, dans la région de Khorasân, en Iran ( l'actuel Ouzbékistan). Il est le cadet de la famille, son frère aîné s’appelle Ahmad.


Al-Bukhari reçoit ses premières leçons religieuses de son père, un homme aisé, qui fut aussi en son temps un érudit. Toutefois, son père meurt alors que Al-Bukhari est encore très jeune. C'est donc sa mère qui prend le relais de l’éducation de leur fils. A l’âge de six ans, Al-Bukhari commençe à apprendre le Saint Coran par coeur par l’entremise de sa mère. Petit, Al-Bukhari a connu une période de cécité. En effet, Ahmad Ibn Al-Fadl Al-Balkhî rapporte au sujet de cela: « Dans son enfance, il perdit la vue. [Un jour], sa mère vit le prophète Ibrahîm — que la paix soit sur lui — dans un rêve; il lui annonça la bonne nouvelle: «Dieu a rendu la vue à ton fils grâce à tes nombreuses prières et invocations». Ainsi Dieu exauça les prières de sa mère et le jeune Bukhari recouvrit sa vue.

 

Avide de science et doué d’une mémoire exceptionnelle, il commençe à étudier les hadîths (paroles du prophète)  à l’âge de onze ans en mémorisant la compilation de hadîths de Ibn Al-Mubârak (soufi et grand juriste de son temps). Dès 205, il suit des cours de hadith à l'école coranique.

Quand quelqu'un, en rapportant la tradition, se trompe dans la chaîne des rapporteurs, Al-Boukhâri le corrige, car ce dernier connait les noms du rapporteur, de ses élèves, de ses maîtres ainsi que leurs époques et leurs pays. Al-Boukhâri lui-même nous en donne un exemple vécu durant sa vie d'élève : [A cette époque,] j'assistais aux cours dispensés par ad-Dâkhily et d'autres maîtres. Un jour, ad-Dâkhily, alors qu'il lisait aux gens, avait dit : "Sufyân a rapporté d'Abu az-Zubayr et ce dernier d'Ibrâhîm". Je lui avais alors répondu : "Abu az-Zubayr n'a pas rapporté d'ibrâhîm". Il me demanda de me taire mais moi, je repris : "Consulte l'original s'il est en ta possession!" Il rentra, vérifia puis revint et dit : "Qui est-ce alors, ô jeune homme ?" Je lui répondis en ces termes : "C'est az-Zubayr (le fils d'ibn 'Ady), d'ibn lbrâhîm".. Ad-Dâkhily prit donc la plume et corrigea en me disant : "tu as raison". Al-Boukhâri avait alors onze ans.

 

Il finit la mémorisation du Coran et apprend le Hadîth avec les spécialistes de cette science à Bukhârah, avant l'âge de 16 ans. Dans sa jeunesse, Al-Bukhari connait déjà par cœur soixante-dix mille hadiths de notre Prophète Muhammad (saw).

 

Un jour, alors qu'Al-Bukhâri est âgé d'un peu plus de 16 ans, sa mère décide de faire le pélerinage (Hajj) en compagnie de ses deux fils. Après un voyage pénible de plusieurs jours, ils arrivent à Hedjaz où ils s’acquittent de leurs devoirs religieux. Pendant leur séjour, il étudie le Hadith avec d'éminents savants de la Mecque, notamment Al-Humaydî qui lui enseigna aussi la jurisprudence de l'Imâm Ach-Châfi'i. Ensuite, ils se sont rendus à Médine (Madina Shariff) pour se recueillir sur la tombe de notre Prophète (saw). Peu après, notre Prophète (saw) apparait en rêve à Al-Bukhari et lui ordonne de ne pas quitter Médine. Il y resta donc tandis que sa mère et son frère retournent à Bukhara. Après y avoir fini ses études et dans l’espoir d’acquérir le savoir et de compiler des hadiths exacts, il parcourt la terre à la recherche des savants du hadîth. Dans chaque ville où il se rend, sur le chemin vers les lieux saints, il contacte les érudits et les faqîh ( juristes spécialistes de la jurisprudence) pour profiter de leur savoir religieux. Il recueille les traditions de personnes dignes de foi et lettrées. Il maîtrise plusieurs livres traitant des sujets les plus divers et il les apprend par coeur. Quant aux traditions, il est exceptionnel; il retient de mémoire quelque cent mille traditions et la perfection de ce don merveilleux réside dans le fait qu’il se souvient non seuleument du nom de chaque narrateur, mais aussi du jour et de la date de chaque récit. A cette époque, personne ne peut l’égaler dans toute l’Arabie et La Perse.

 

Il devient alors le disciple de nombreux savants de la Mecque, de Médine, de Damas, de `Asqalân, de Hims, du Caire, de Baghdâd, de Bassora, de Kûfah et de nombreuses autres villes. Il acquiert le savoir en compagnie de savants tels que : l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal, Abu `Âsim An-Nabîl, Muhammad Ibn `Îsa At-Tabbâ` et Ishâq Ibn Mansûr.

 

Ibn `Adiyy nous rapporte une anectode qui démontre la capacité de mémorisation remarquable d'Al-Bukhari. « Un nombre de savants apprirent qu’Al-Bukhâri serait prochainement de passage à Baghdâd. Ils choisirent cent hadiths dont ils brouillèrent les chaînes de transmission et les textes, donnant ainsi à chaque Hadîth une chaîne de transmission autre que la sienne. Chaque savant prit dix de ces hadiths et s’apprêta à mettre Al-Bukhâri à l’épreuve durant leur rencontre. Les gens s’assemblèrent et l’un des savants confronta Al-Bukhâri avec le premier de ses dix hadîths. Il répliqua « Je ne le connais pas ». Le savant lui cita un autre hadîth. Il répondit « Je ne le connais pas. » et ainsi de suite jusqu’au dixième hadîth. Les gens avertis [initiés à la science du hadith] parmi l’audience se regardèrent et dirent : « L’homme s’y connaît. », les autres pensèrent que c’est un ignorant. Puis un autre savant exposa à son tour ses dix hadîths, puis un autre, jusqu’au centième hadîth et Al-Bukhâri répondait invariablement « Je ne le connais pas. ». Quand il vit qu’ils avaient terminé, il se retourna vers le premier savant et dit « La chaîne authentique de ton premier hadîth est ceci, celle de ton deuxième hadîth est ainsi etc. » Il fit de même avec le deuxième savant, puis le troisième, et il poursuivit avec chacun d’eux jusqu’au centième hadîth. À ce moment, tout le monde eut la certitude qu’il était un Hâfidh ( titre honorifique, qui signifie littéralement "mémorisateur", il désigne les savants érudits dans le domaine du hadîth)  [i.e. ils reconnurent la qualité de sa mémorisation].

 

Al-Bukhari relate qu’il avait vu en rêve que notre Prophète (saw) s’asseyait et qu’il (Imam Bukhari) empêchait les mouches de s’approcher de lui. Le jour suivant, il s’enquert auprès des gens quant à la signification de son rêve et on lui révèle qu’il va mettre un terme aux fausses narrations des traditions ayant trait à notre Prophète (saw). Quand il comprend le sens de son rêve, il s’attèle courageusement à réunir les traditions.


Pendant seize ans, Al-Bukhari étudie 600 000 hadîths. Après un examen minutieux et rigoureux, il enregistre seulement les paroles du Prophète — paix et bénédictions sur lui — dont la chaîne de transmission ne se compose que de transmetteurs justes et fiables. Il retient 7 275 hadiths qu'il rassemble dans un ouvrage intitulé Sahih (ce qui est authentique ), considéré comme étant le plus exact. Dans la rédaction de son livre, Al-Bukhari s'impose l'authenticité.. Son ardeur à l'étude dépassait l'imagination. Au cours de l'un de ses voyages, l'un de ses disciples le vit se lever en une seule nuit de quinze à vingt fois, allumer un feu pour faire de la lumière, afin de compiler des hadiths. Il y a un consensus parmi tous les savants de l’Islam au sujet de l’abondance exceptionnelle de son savoir, ses bonnes manières, son caractère noble et généreux. Son livre précieux Al-Djâmi` As-Sahîh (recueil des hadiths considérés commes les plus sûrs) est la meilleure référence de tous les temps en matière de hadîths authentiques.
 

Al-Bukhari meurt pendant la nuit qui précéde la Fête de la rupture du jeûne, la nuit du samedi 30 ramadan 256 (31 août 870). A sa mort, Al-Bukhâri a 62 ans moins 13 jours.


 

 

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votre soeur fiLah 13/01/2010 20:52


Je suis arrivée par hasard sur votre blog. MachaAllah, ce savant!!
C'est bien ce que vous faites. BarakAllahou fikoum de partager ce savoir.


aema 14/01/2010 13:45




Salam Aleykum soeur fiLah,

C'est vrai que c'est un personnage hors du commun, n'hésite pas à aller découvrir ou redécouvrir les autres portraits, et à nous faire part de tes impressions!
Barak Allah fiki en tout cas d'être passée et d'avoir laissé ta petite trace! Nous espérons à bientôt inshaAllah.