De l’interdiction des minarets en Suisse

Publié le par aema

 

   Le dimanche 29 novembre 2009, le peuple suisse répondant contre toute attente à l’appel de l’incohérence, votait massivement pour l’interdiction des minarets en pays helvète. L’UDC et consorts pouvaient être joyeusement surpris. La Suisse ne connaissant pourtant pas les mêmes « angoisses » que les pays voisins, nous pouvons être en droit de nous poser la question de savoir à qui revient la faute. Également, si le net recul de l’esprit critique dans nos sociétés aura amené sa première catastrophe, et enfin, si des fantasmes collectifs se seraient superposés au réel et finir par en tenir lieu. En réalité, tant de questions embarrassantes qui auraient pu être évitées si ce vote avait été remporté par le bon sens.

 

Pourtant, ce serait naturellement trop simple de toujours incriminer l’autre. Car les musulmans ont sans nul doute une large part de responsabilité dans ce désastre. Si les partis de l’incohérence ont su cultiver habilement la peur pour allumer de sombres feux, les musulmans n’auront pas su l’éteindre en cultivant cette sérénité largement insufflée par les valeurs de l’islam. Les réflexes de l’autre ne sont très souvent que le miroir de nos propres actions. Des confusions profondes rongent la communauté musulmane, en décalage patent avec ses propres valeurs. Nous n’aurons pas l’impudicité de les énumérer ici, et nous disons simplement que le temps de l’introspection générale est venu. Les responsables religieux sont appelés plus que jamais à faire preuve d’une intelligence certaine puisant ses racines dans le terreau de la cohérence. Qu’on s’active donc !

 

Au 18ième siècle le Genevois Rousseau en écrivant le Contrat Social inventait l’égalité pour le peuple d’Europe, les Lumières expliquant que le succès de l’échange ne peut être garanti que par le biais d’un dialogue d’égal à égal. Il est donc pareillement temps que l’Europe se réconcilie avec sa propre histoire et ses valeurs durement acquises. Que l’on sache de même que le temps des croisades et des conquêtes est définitivement révolu n’en déplaise aux malheureux esprits de nos chers nostalgiques ; nous vivons en d’autres temps et sous une ère inédite qui n’a pas grand-chose à envier aux précédentes. Assumons-la donc. Mais cela passe par beaucoup de choses tel le choix d’un bulletin de vote sain par exemple.

 


A.B

Le 4 décembre 2009

Publié dans Débats actuels

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