Voyage au MALI - Mai 2008 : Vers la construction du dispensaire

Publié le par aema

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COMPTE-RENDU DU VOYAGE AU MALI

 

L’objectif de ce voyage était de rencontrer les maliens partenaires de ce projet afin de clarifier certains aspects évoqués antérieurement par mail et par téléphone dans le but d’aboutir à une meilleure collaboration et à un éventuel lancement du chantier, raison pour laquelle nous nous sommes rendus sur place avec la somme de 5000 euros.

 

La première étape du travail fut de discuter avec le Dr Bagayoko et l’ingénieur Cissé autour du plan qui nous était parvenu afin de voir ce qui n’était pas forcément prioritaire pour les débuts du centre de santé ainsi que ce qui pouvait être modifié, cela dans une recherche de réduction des coûts compte tenu du budget pour lequel nous nous sommes engagés et qui est de 25 000 euros. Il est toutefois important de savoir qu’il fallait également prendre en considération certaines contraintes, notamment sur le plan sanitaire et hygiénique (par rapport à des finitions comme le carrelage ou la peinture), mais aussi sur le plan de la surface, le but du projet restant la création d’un centre de santé permettant d’œuvrer dans des conditions meilleures que celles dans lesquelles travaille actuellement le Dr Bagayoko. C’est pourquoi les modifications  à l’issue de cette première étape n’ont pas porté sur la disposition des pièces (la suppression du hall ayant été effectuée préalablement à notre voyage) mais plutôt sur la réduction de la superficie de certaines d’entre elles.

 

Ce plan a ensuite été discuté entre Cissé et l’entrepreneur Diarra qui a également une formation d’ingénieur sanitaire, ce qui lui a valu de travailler plusieurs années pour le gouvernement du Mali dans ce domaine et lui confère donc une expérience au niveau des normes requises dans la construction de ce type de bâtiment. Leur échange a conduit à une nouvelle modification du plan : un autre axe donnant sur l’extérieur et perpendiculaire au couloir central.

 

L’étape suivante fut notre réunion avec l’entrepreneur Diarra et Cissé en compagnie du Dr Bagayoko. Nous avons donc exposé à Diarra les contraintes budgétaires qui étaient les nôtres en insistant sur le fait que le projet est fait dans le chemin de Dieu et qu’il ne s’agit pas simplement d’une œuvre humanitaire ou sociale, et il a accepté de devenir un partenaire du projet après avoir également écouté l’intervention du docteur qui exposait les raisons qui l’ont poussé à prendre cette voie. Cissé fut chargé d’établir une estimation quantitative des matériaux devant servir de base au devis et de faire faire les plans de façade du bâtiment. Il faut également savoir que le devis peut être variable en fonction du prix du ciment qui est en constante inflation eu égard à la continentalité du pays et à sa dépendance économique à ce niveau, le Sénégal étant le principal pays fournisseur de ciment et profitant du marché de la construction de stades pour la Coupe du monde de football de 2010 en Afrique du Sud pour augmenter les prix.

 

Nous avons ensuite rencontré Thiame, qui était notre contact au Mali pour ce projet, avec qui nous sommes partis chez l’ingénieur Diabaté pour négocier le prix du plan d’exécution, étape obligatoire pour l’obtention d’un permis de construire. Après une présentation de nos objectifs dans cette action et l’intervention de Thiame, de Cissé, et du Dr Bagayoko, l’ingénieur Diabaté nous a affirmé qu’il apporterait également sa contribution à ce projet en acceptant de travailler gratuitement au service de Dieu, ce qui est également le cas de Cissé. Thiame nous a ensuite annoncé qu’avec un groupe de musulmans qu’il connaît, il devenait partenaire du projet à part entière et qu’il espérait voir dans ce travail le début d’une collaboration et d’un partenariat.

 

Dans les jours qui suivirent nous avons récupéré le devis de l’entrepreneur pour la construction du centre de santé selon les prix actuels des matériaux, devis estimé à 23 000 000 F CFA (35 060, 976 euros) mais réduit à 16 000 000 F CFA (24 390, 244 euros). Ce devis ne comprend pas l’accès à l’eau par forage. Cissé nous a remis les plans de façade.

 

Cependant, la saison de l’hivernage (saison des pluies) qui dure environ 2 à 3 mois approchant, nous n’avons pas jugé opportun de donner les 5000 euros pour le lancement des travaux. Cependant, nous avons laissé au Dr Bagayoko les 500 euros qui nous avaient été donnés pour subvenir à des besoins éventuels sur place et que nous n’avons pas utilisé, et ce afin de pouvoir subvenir aux frais administratifs précédant la construction du centre de santé.

 

Accompagnés par Thiame, nous avons rencontré le groupe de musulmans désirant apporter leur apport et nous avons pu leur exposer le projet. Ils connaissaient d’ailleurs le Dr Bagayoko.

 

En outre, l’accueil fut excellent. Nous avons eu l’occasion de passer beaucoup de temps au dispensaire actuel, ce qui nous a permis d’être des témoins du fonctionnement quotidien de l’établissement qui est d’ailleurs très bien organisé pour le peu de moyens et de place dont ils disposent pour travailler. Nous avons eu l’occasion d’assister à des interventions chirurgicales.

 

Il est important de signaler que l’islam est au centre du travail du docteur. L’appel à la prière est fait au dispensaire à l’heure de la çalât et la prière en groupe est effectuée. Le sérieux du docteur nous a d’ailleurs été confirmé par plusieurs personnes. Nous pouvons nous-mêmes en témoigner après l’avoir fréquenté pendant notre séjour et après avoir approfondi les discussions dans de nombreux domaines. Cela nous pousse à penser que notre partenariat avec lui devrait s’établir sur un long terme, « et nous n’avons témoigné que de ce que nous avons su et nous n’étions pas gardiens de l’invisible » _ Sourate 12 verset 81.

 

 

‘Abdelhafed Azidane et un autre membre de l'association.

Publié dans Actions humanitaires

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