AEMA
(Association des Etudiants Musulmans d’Aix en
Provence)
Présentation :
L’AEMA, structure associative regroupant les étudiants et actifs de la communauté
musulmane, a été fondée en 2003. Comptant une vingtaine de membres ; cette structure, à vocation générale, se veut être totalement indépendante
de toutes formes de tutelles.
Les champs d’action de l’AEMA ne connaissent aucune limite tant que la misère et l’injustice subsisteront toujours. Pour cela, elle répond à des objectifs précis tels que la création de partenariats pour construire un monde plus juste, lutter contre tous types de discriminations, d’injustices et d’inégalités. Elle cherche à concilier l’identité musulmane à la citoyenneté républicaine pour réussir à maintenir un trait d’union entre tous, en s’éloignant des crispations actuelles. Enfin, arriver à un partage plus juste et un meilleur vivre ensemble !
Nos activités :
v Débats et conférences spirituels
v Projections de films et de documentaires
v Actions humanitaires à travers le monde
v Travaux en partenariat autour de projets communs
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rejoindre, nous soutenir, contactez-nous :
Par mail :
aema_13@hotmail.fr
I
Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.
Tout l'hiver va rentrer dans mon être : colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon coeur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé.
J'écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ;
L'échafaud qu'on bâtit n'a pas d'écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.
Il me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu'on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui ? - C'était hier l'été ; voici l'automne !
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.
II
J'aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,
Douce beauté, mais tout aujourd'hui m'est amer,
Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l'âtre,
Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.
Et pourtant aimez-moi, tendre coeur ! soyez mère,
Même pour un ingrat, même pour un méchant ;
Amante ou soeur, soyez la douceur éphémère
D'un glorieux automne ou d'un soleil couchant.
Courte tâche ! La tombe attend ; elle est avide !
Ah ! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,
Goûter, en regrettant l'été blanc et torride,
De l'arrière-saison le rayon jaune et doux !
Charles BAUDELAIRE (1821-1867)
Petit commentaire :
Dès l’ouverture du poème (« Bientôt nous plongerons ») , Baudelaire nous rappelle combien peuvent être éphémères les beaux moments dont nous pouvons jouir au sein de cette vie, moments qui peuvent être associés dans le deuxième vers à l'expression « vives clartés de nos étés trop courts ». Le dernier terme du troisième vers (« funèbre ») appartient au champ lexical de la mort et renseigne le lecteur sur le thème du poème. Le dernier vers du dernier quatrain de la première partie entérine cette impression de l’arrivée trop rapide de cette fin… Habituellement Baudelaire évoque son spleen personnel de condition de poète qui souffre, ne pouvons vivre sur un même pied d’égalité que les autres hommes. L’originalité dans ce poème vient du fait que Baudelaire souhaite associer dès le premier quatrain la destinée de tous les autres hommes à la sienne quant à cette réalité de la mort qui doit arriver plus vite que l’on croit, foudroyant chaque âme tel l’hiver le ciel…
Le dimanche 29 novembre 2009, le peuple suisse répondant contre toute attente à l’appel de l’incohérence, votait massivement pour l’interdiction des minarets en pays helvète. L’UDC et consorts pouvaient être joyeusement surpris. La Suisse ne connaissant pourtant pas les mêmes « angoisses » que les pays voisins, nous pouvons être en droit de nous poser la question de savoir à qui revient la faute. Également, si le net recul de l’esprit critique dans nos sociétés aura amené sa première catastrophe, et enfin, si des fantasmes collectifs se seraient superposés au réel et finir par en tenir lieu. En réalité, tant de questions embarrassantes qui auraient pu être évitées si ce vote avait été remporté par le bon sens.
Pourtant, ce serait naturellement trop simple de toujours incriminer l’autre. Car les musulmans ont sans nul doute une large part de responsabilité dans ce désastre. Si les partis de l’incohérence ont su cultiver habilement la peur pour allumer de sombres feux, les musulmans n’auront pas su l’éteindre en cultivant cette sérénité largement insufflée par les valeurs de l’islam. Les réflexes de l’autre ne sont très souvent que le miroir de nos propres actions. Des confusions profondes rongent la communauté musulmane, en décalage patent avec ses propres valeurs. Nous n’aurons pas l’impudicité de les énumérer ici, et nous disons simplement que le temps de l’introspection générale est venu. Les responsables religieux sont appelés plus que jamais à faire preuve d’une intelligence certaine puisant ses racines dans le terreau de la cohérence. Qu’on s’active donc !
Au 18ième siècle le Genevois Rousseau en écrivant le Contrat Social inventait l’égalité pour le peuple d’Europe, les Lumières expliquant que le succès de l’échange ne peut être garanti que par le biais d’un dialogue d’égal à égal. Il est donc pareillement temps que l’Europe se réconcilie avec sa propre histoire et ses valeurs durement acquises. Que l’on sache de même que le temps des croisades et des conquêtes est définitivement révolu n’en déplaise aux malheureux esprits de nos chers nostalgiques ; nous vivons en d’autres temps et sous une ère inédite qui n’a pas grand-chose à envier aux précédentes. Assumons-la donc. Mais cela passe par beaucoup de choses tel le choix d’un bulletin de vote sain par exemple.
A.B
Le 4 décembre 2009
Les connaissances sont un héritage que l'on transmet sans jamais s'appauvrir
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